Week 2

Times_Square MysteriousSkin

Lundi 13 avril

Levée à 8h40 alors que je pensais avoir mis mon réveil à 7h30. Ok, j’avais oublié de cliquer sur A.M. en programmant la sonnerie du téléphone portable Nokia 2610. Je me douche, m’habille et me maquille au pas de course. Mon sèche cheveux est en sous régime ici. Fréquence électrique n’est pas la même. Ici il fait « ZZzzzzz » alors qu’en France, il fait « VRRRRRrrrrrrr ». Premier cours à 10h à ICP. Intitulé : "Performance For The Camera". Métro Ligne 6 puis 7. Pile poil à l’heure en partant à 9h30 de chez moi, alors que je pensais être en retard. En descendant les escaliers, Amélie portant un haut motif marin, façon Jean-Paul Gauthier, debout devant un ordinateur. Salutations. Pas trop réveillée comme moi. On trouve la salle, on se pose. On parle français. Une étudiante nous adresse la parole en français aussi, Anna. D’origine Italienne mais a vécu en France pendant 2 ans. Présentation avec les premiers étudiants arrivés. Fryd (prononcé Früd), blonde peroxydée en rose bonbon, pull noir troué au coude, lunettes rondes de grand-mère ; Flemming, hipster kid avec moustache façon 70’s, pantalon moule burnes, chemise épaisse quadrillée et casquette noire bombée ; Raoul, Mexicain je crois, a l’air d’être endormi, simplement défoncé, ou peut-être simplet ; Laura, visage souffrant, à l’accent hispanique américain et des yeux exorbités ; Alexander, mélange indescriptible entre la Chine, le Mexique et l’Amérique, pur New Yorkais, timide et baraque ; Christopher, maigre blondinet habillé d’un pantalon baggy. Discussion sur le retard, apparemment récurant, de la prof (« instructor », il y a marqué sur la feuille de présentation des cours), Jesal Kapadia. Elle arrive, jeune Indienne avec des lunettes intello à l’air sympathique. Ça commence à la cool. Discussion sur le retour des vacances. Puis on doit élargir le champ des tables pour créer un « womb » (utérus) ou un « wound » (blessure) afin d’instaurer une conversation entre les personnes. "Something to throw in that space". Étonnement. Incompréhension. Gimmick Américaine. Je prie pour que l’on ne bascule pas dans le Ghost World de Terry Zwigoff et la fameuse vidéo de la prof d’art plastique, « Mirror, Father, Mirror ».

Le cours commence avec les présentations et si l’on réalise, en tant qu’étudiant, des "Performance For The Camera". Mon tour, je ne sais pas quoi dire. Non, euh oui peut-être avec mes polaroids mais pas vraiment. Complication, je bégaie. Puis elle enchaîne des artistes, des images et des interprétations rétrogrades féministes de l’histoire de l’art et de la photographie. Je bouillonne lors du passage de Pollock dont elle semble ne pas aimer le travail à cause de son geste "phallique". Arrivée à Yves Klein et, désormais, la chosification de la femme qu’il peint en bleu, je lève le doigt et lui demande pourquoi cette interprétation. Et pourquoi le geste « phallique » ? You don’t like dripping art? J’argumente en disant qu’elle aurait pu prendre Lee Krasner comme exemple au lieu de Pollock si elle ne voulait pas montrer l’évidence masculine de l’Histoire de l’Art. Elle dit, “Tell me one famous painter who was a woman before the 1950’s?” Et bien, ma déesse, la portraitiste de court, certes, mais non moins famous, Elisabeth Vigée-Lebrun. Entêtée sur le sexisme de l’Histoire de l’Art et de ses résumés dans les livres (je pense intérieurement qu’elle n’a pas tout à fait tort mais sa vision monochromatique me gène), elle dit « Think about it ». Je dis « I do ». Je reviens sur Yves Klein en disant qu’il y a plus que cela qu’un artiste sexiste. Amélie vient en renfort en parlant de ses vidéos où justement il se jouait de cette attitude avec légèreté. Incompréhension. Consensus avec les autres élèves, nous ne sommes pas assez 'open minded' pour comprendre le point de vue de la prof. Laura tente de nous l’expliquer. Elle veut nous réveiller en nous titillant. OUhouh, les années 70 sont passées ! Ce n’est pas 'open minded' que de ne pas accepter notre point de vue. Non je ne citerai pas les artistes femelles des années 20. Amélie et moi nous nous sentons obligées de défendre le frenchy Yves Klein plutôt qu’une performatrice qui fait dérouler un texte de son vagin en réaction au sexisme des artistes phares. Au fond, je trouve de la beauté à l’œuvre d’Yves Klein plus que dans celle de Carolee Schneeman car lui n’a pas eu besoin de faire des références ou d’exister au travers de l'œuvre des autres. Elle cite Shigeko Kubota et le « Fluxus Vagina Painting » vers 1965. Je souris tout à coup : Image mentale de Julianne Moore dans The Big Lebowsky suspendue par 2 filins tenus par deux hommes et survolant sa toile en susurrant « ahahahahah » dans la pénombre de son atelier. Le Dude se versant un Russe Blanc. Je me sens inculte mais je dois avouer que ce genre de mouvement plane au dessus de mon intérêt. Premier cours et je pense, le rire jaune, que l’on s’est fait un tas d’amis en tant que Françaises rétrogrades. Laura toujours à la charge veut que l’on discute après le cours mais nous tentons d’esquiver sa façon persistance de nous faire rentrer dans le droit chemin en allant à l’Education Office demander des papiers. Flemming nous demande où nous logeons et dit qu’il va organiser une fête. Nous sortons d’ICP bien remontées.
Direction Sunshine, le labo de développement à $5 la pelloche au lieu de $7 si tu charmes le vendeur. Amélie dépose une pellicule. Nous discutons féminisme sur le chemin. Puis petit tour à la library Strand. Je juge les libraries à leur contenu. Pas un livre de Sally Mann ni d’Emmet Gowin. Enfin, Gowin c’est dur à trouver. Library packed with people. Je heurte chaque client avec mon sac à dos. Je feuillette mais ne trouve rien de vraiment nouveau de ce que je feuilletais en France. Amélie pense y retourner ce soir pour voir une conférence de Jeff Koons. Cela ne m’intéresse pas. On se quitte et je retourne à ICP voir mes emails et prolonger les objectifs empruntés pour l’appareil photo.
Je rentre à la maison.


Mardi 14 avril

Matinée : Dormi, glandé, rendormi. Insatisfaite de mon incapacité à ne pas avoir fait des portraits jusqu’à présent. Je rumine un peu. Puis je prends le coup de sang vers la douche. Arrivée à Bryant Park vers 13h15, je me pose sur un siège et observe la population qui défile sous mes yeux. Je charge mon appareil en pensant que cette pellicule KODAK 160 PORTRA ne contiendra que des portraits ou rien ! My Kingdom for a Horse ! Je repère un black américain marginal qui se parle à lui-même. Il n’a pas le rythme de marche aussi poussé que les autres. Il fume un petit cigare et porte une casquette bombée noire avec oreillettes en sky. Vais-je pouvoir le prendre en photo ? Il passe devant moi, je fais semblant de ne pas le regarder en m’attardant sur l’autre scène du parc, le policeman discutant avec l’agent d’entretien, tous les deux noirs américains regardant, quant à eux, les jardiniers, amas de costumes rouges vifs, balayant les feuilles et branches dans un coin du parc à ma droite. Je regarde à nouveau le marginal, sans doute homeless, et il continue son chemin, parfois il s’arrête et se retourne vers les jardiniers.

13h30. Impossible de faire le moindre mouvement. Je répète dans ma tête un petit speech d’approche. Le homeless s’éloigne. Je me crois prête, je vais y aller mais lorsque je regarde à nouveau dans sa direction, il a disparu. Bêtasse procrastineuse que je suis. Je repère alors un yuppie roux comme la lumière du soleil arlésien annonçant le mistral du lendemain. Il mange seul attablé à une petite table ronde. Je me lève de ma chaise et m’avance vers lui. Un « Hi » timide et un sourire « I’m a photo student, may I take your portrait ». Il répond « Sorry, What ? » Je répète, pensant que je parle vraiment mal la langue : « May I take your portrait ? » « I’m sorry but no ». « Okay, goodbye ». Premier refus. Fallait bien ça, je l’ai dérangé dans sa mastication. Je repère un peu plus loin un gros barbu homeless avec un énorme sac de marin en toile beige-crade, aussi gros que lui. Il me fait penser à Vitalis dans Rémi sans Famille. Orphelin de nation. Marcheur qui n’a pas besoin d’ombre. Je lui demande. Lui, il me comprend tout de suite, mais répond par un geste significatif de la main gauche, frottant son pouce et son index en guise d’échange. « Sorry no, bye ». « Have a nice day doll », dit-il alors que je m’éloigne. Plus humain que le yuppie rouquin au moins. Je n’avais jamais envisagé de payer mes modèles jusqu’à présent. Je comprends, c’est un homeless, il a besoin de thunes. Je traverse la rue, prends un cappuccino au Starbucks ($3,47) où je me fais draguée par Andrew et un Indien. « Where do you come from ? ». « France », juste de le prononcer avec le « an », c’est sexy. « Ah yeah, Freinse right ? ». « Yes, France ». « You are French ? ». « Yeeeesss », celui qui veut dire ‘vas-y, t’es relou, dégage de mon champ de vision’. Je rentre à ICP pour mon cours de 14h avec Pradeep Dalal. Amélie est dans le séminaire de Marina Berio. Séminaire critique jusqu’à 18h. Je participe beaucoup. Je pose des questions aux étudiants. Je dis ce que je pense de telle image par rapport à telle autre. Il semble qu’Arles fasse son effet (à l’étranger !) sur la pensée et parole face au monde des images. Autrefois, muette face aux images, juste 'flabergast'; désormais je le suis avec des mots. J’ai confiance en moi. Mes arguments sont souvent soutenus par ceux de Flemming. Arrivée à mon tour, je parle un peu de mon travail et de la mauvaise qualité des tirages numériques que j’ai réalisés dans l’urgence avant de partir. J’explique l’harmonie que je recherche à créer entre la personne et son environnement. La recherche d’un 'mindscape' (paysage intérieur). Une étudiante, Anaïs, mi Française mi Américaine, trouve mon travail « editorial », ce que je ne comprends pas trop. Elle me l’explique alors en Français. En gros, c’est parfait pour la presse. Bizarrement, je pense à ce que m’a dit Laurent Abadjian (chef du Service Icono de Télérama) sur mon travail et je souris à l’idée qu’ici la vision est inversée. Un autre étudiant, Diego, pense quant à lui que mes portraits ne sont pas assez personnels. Suis-je toujours confiante ? Déstabilisée dans l’instant. Je trouve cela étrange comme intervention, car après 2 ans d’investissement et maintenant, quelque part une forme de rejet de ma part sur l’état de fait d’une réalisation ‘artistique’, je les trouve miens ces portraits et en même temps, j’ai besoin de les voir grandir « on their own ». Like a child. Lorsque le cours se termine, la pluie est là. Imperturbable. Nous partons boire un verre avec Amélie à Madison Square. 1 bière chacune. Je prends une assiette de frites à côté. A dish aside. Je pose la question des compulsory tips à la serveuse. $3,79, l’assiette. J’étale mes piécettes sur la table, elle pioche dedans. J’ai la flemme de la monnaie en cette soirée pluvieuse. On parle de nos états d’âmes du moment, du pays, de la photo. Je réfléchis sur ma nouvelle forme de prise de vue. Comment trouver le moyen de faire des portraits, pas comme avant. Change is difficult mais je suis ici pour cela. Ketchup Heinz dans une bottle comme chez mes parents quand j’étais petite. Il faut taper le cul de la bouteille pour faire sortir la mixture. Amélie pense que j’ai l’air d’aller mieux. Elle doit avoir raison. Je rentre en prenant la ligne 6 à Madison Avenue. A la sortie de la bouche du métro, arrêt 96th Street, j’achète un paquet de Marlboro, $10. Le luxe aujourd’hui c’est de fumer. J’ai besoin de cigarettes pour écrire. Écrire est un luxe de toute façon.


Mercredi 15 avril
Lu Handke avant de me lever.

J’aime écouter le son de la ville en m’endormant : on entend les klaxons, les sirènes de police et d’ambulances toute la nuit. « All night long ! All night » comme chantait l’autre. Et dire que sa fille a fait la Simple Life.
L’argent peut rendre sa progéniture débilement sympathique. Hors sujet. Le bruit constant. Les sirènes sont intenses et prégnantes ici. Loud. Nous habitons près d’un hôpital, celui où Ahmed travaille à sa thèse. Une tour noire que l’on peut voir du toit. Je ne l’ai vue qu’au croisement de Madison et de la 97e rue jusqu’à présent. La ville. Le matin, je m’éveille doucement avec son refrain,  celui d’une activité permanente. Comme une machine qui ne s’éteind jamais. Je fixe les briques rouges marrons et les fenêtres d’en face. Point de vue de mon lit. Légère proximité qui me plait. Parfois, une femme nettoie les vitres, un chat pointe son nez, un oiseau à crête bleue picore un gâteau volé sur une branche de l’arbre piégé entre les 2 bâtisses. Une autre fois, une nana fait son jogging dans son appart. Je crois que c’est une femme, je ne suis pas sûre. Je ne distingue que la foulée de ses tennis colorées sur, ce que je suppose être, un tapis roulant. Cela me fascine et me déprime un peu sachant que le Central Park est à 2 minutes d’ici. Le soir, je tente de deviner ce que la « Cosby Family » regarde sur son écran géant en face de notre cuisine, à l’étage supérieur. Leur écran est à la mesure de leur appart : huge ! 2 étages au dessus encore, de ma chambre, le soir, des lumières allumées dans un appart avec 4 larges fenêtres : le plafond, une plante, 2 plantes, des étagères avec des livres ! Je suis soulagée car dans le mien d’appart, les livres sont rares. Mes colocs ont 2 livres photos : Robert Frank, Les Américains (un indispensable que je me suis promise de m’offrir le jour venu) et un de Saul Leiter, celui de l’expo chez HCB je crois mais ils gisent sur les étagères avec les calons et
les chaussettes sales, des feuilles de papier, des bouts de je ne sais quoi et des connectiques de je ne sais quels appareils électroniques. Il y a aussi des mangas. Je trouve le bordel de cette colocation plutôt triste. Je crois mon bordel Arlésien heureux mais je peux aussi me tromper sur le sort de mes affaires. Cours de "Visual Thinking for Magazines" avec Alison Morley à 14h. Alison Morley a travaillé essentiellement à L.A. et pendant 10 ans comme chef icono (photo editor) à Esquire. La cinquantaine passée, elle a de grosses lunettes rondes et des cheveux long frisés. Elle a un côté rock’n’roll star sur le retour. Quand elle parle, sa bouche se déforme avec son intonation américaine et une partie de son visage retrousse ses lèvres plus haut que l’autre, révélant une dentition tout sauf californienne. Elle parle essentiellement de son expérience de vie. Elle n’arrive pas à prononcer mon nom lorsqu’elle fait l’appel. Elle me demande si elle peut m’appeler « guill’ ». Pourquoi pas. Je m’en fous. Consciemment ou inconsciemment, elle omettra de me remettre la feuille d’assignement (d’exercice) à rendre pour la semaine suivante. Assignement : prendre 5 photos d’un verre plein sous 5 conditions différentes (avec des lumières diverses). Je n’aurais peut-être pas dû lui demander la feuille. Je m’en fous aussi de l’assignement. Elle a amené des magazines afin de les observer plus attentivement. Elle a demandé à 2 étudiants de porter les 2 gros cartons remplis de magazines jusqu’à la salle de classe. On feuillette. On discute. Elle épingle le dernier reportage du New York Times Magazine au mur pour que l’on discute dessus. 2 photographes ont signé le même reportage. Un fait la couverture et la page d’entrée de l’article. Pourquoi ? Discussion autour de l’utilisation des flashs qui donne le pouvoir à l’image et du mérite à un des 2 photographes. Plein de flashs et de Photoshop pour promouvoir la nouvelle christianité de telle communauté black américaine. A la fin de la discussion, j’interviens timidement mais assurément sur le reportage, considéré comme mal cadré et mal éclairé par le second photographe, pour distinguer ce que je trouve nécessaire mais peut-être plus d’actualité dans la presse, le point de vue. Je trouve des arguments pour montrer que l’utilisation des flashs créent une spectacularisation de l’image et donc la rapproche du champ de la publicité dans le cas du photographe considéré comme « bon » alors que mon intérêt porte sur la vision du second photographe, considéré comme « mauvais », dont le grand angle nous donne un aperçu des gestes et du lieu particulièrement glauque dans lequel cette communauté se réunit pour vivre la parole du seigneur. Ma lecture de l’image devient râpeuse. Je perçois à travers le reportage dit « mauvais » la théâtralité surfaite des fous de dieu (gens en transe, en intense prière ou acclamations, un personnage à genou le long d’un mur, un autre affalé sur le sol), chose que le photographe en question n’a peut-être pas vu, ainsi que l’extrême pauvreté de cette communauté (salle remplie de chaises, éclairé par des néons, sans aucune visibilité sur l’extérieur). Alison me pause une question : Quel signification amène pour moi l’utilisation du flash dans la « bonne » image. Je ne me démonte pas. Dans un cas, il s’agit de vendre la religiosité - et dieu sait que le symbole de la lumière est facile - dans l’autre, il éclaire les détails du misérable. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de lui formuler la fin de ma proposition. Je l’écris à l’instant. Je dois dire que malgré des débuts difficiles concernant mon intégration dans la classe, je fus très fière de mon analyse en opposant joyeusement la contradiction. Alison acquiesça à mon interprétation mais, en tant que bonne éditrice photo, nota que l’image doit faire son effet. Je notai intérieurement que les problématiques de l’image sont indissociables des problématiques de vente, et en particulier dans le monde de la presse, se cassant la gueule un peu plus chaque jour. Un photographe de presse doit prendre en compte ces 2 logiques. Il faut attirer l’œil zappeur du lecteur. Au-delà de la vision américaine, sans doute plus portée sur le commerce qu’en France, ce premier cours sur l’editing a eu le mérite d’aiguiser ma réflexion sur le monde de la presse. Je me suis alors rappelée la conversation d’Abadjian au téléphone, assis en face de moi un vendredi soir de février: « si je peux promouvoir ce mec, c’est bien, mais si je peux vendre Télérama c’est mieux » Je transforme légèrement ces dires mais je transcris précisément son raisonnement dans cette phrase. Le monde de la presse m’est-il adéquat ? Je me pose toujours la question.
Rdv à 19h30 avec Elise dans l’East Village. Elise Toïdé est Française. Elle est la sœur de Raphaël, que je ne connais pas. J’ai eu son mail par l’intermédiaire de Pauline, 1ere année à l’ENSP. Elise, petite brunette au sourire enthousiaste, portée par une extrême gentillesse et simplicité. Nous faisons connaissance autour d’un verre. Elle, une Heineken ; moi, un coca. Nous discutons photographie, école, travail, rencontres, photographes, lectures etc. Les aiguilles tournent sans que l’on s’en rende compte. Je la quitte vers 21h45. Il fait déjà nuit. On se promet de se revoir pour son vernissage photo dans Brooklyn le vendredi entre 19h et 21h. Je me sens revigorée. Les personnes magiques sont revigorantes. Une sensation de plénitude, de légèreté et d’infinies possibilités m’habite lors du trajet du retour en métro.

Enfin, je suis à New York.